Alto Adige, terre de vins d'une qualité élevée obtenus en respectant des critères rigoureux de durabilité environnementale. Bien qu'étant une région viticole petite en superficie, l'Alto Adige se caractérise par l'excellence et la variété de sa production. Nous en avons parlé à Vinitaly avec Max Niedermayr, depuis quelques années Président du Consorzio dei vini dell'Alto Adige, ainsi que Président de la Cantina di Colterenzio, l'une des plus importantes réalités coopératives de la zone.
Max Niedermayr, combien de caves adhèrent au consorzio ?
Actuellement, plus de 5 000 viticulteurs réunis dans 154 caves participent au consorzio, représentant 93 % de la production totale de la région. En restent exclus de petits ou très petits vignerons.
Quelle est la superficie viticole représentée par le consorzio ? Et le volume de vin produit ?
Le consorzio représente une superficie de moins de 5 300 hectares, tandis que la production de vin tourne en moyenne autour de 350 000 hectolitres par an.
Vous parliez de 5 000 viticulteurs réunis dans 154 caves. Parmi elles se trouvent également les grandes caves coopératives de l'Alto Adige comme Colterenzio dont vous êtes Président, la Cantina di Bolzano ou San Michele Appiano. Comment a-t-il été possible de trouver un accord entre des associés si différents ?
En effet, environ 70 % du vin est produit dans les caves sociales de la région, un quart environ de la production annuelle est réalisé par les membres de l'association Le Tenute dell'Alto Adige, tandis que les 5 % restants proviennent de vignerons indépendants. Pour équilibrer le poids des coopératives, une représentation au conseil d'administration des différentes composantes a été décidée de manière non proportionnelle : 5 membres sont l'expression des coopératives, 3 de l'association et deux représentent les vignerons indépendants.
Signe donc d'une grande conscience tant du territoire que de l'instrument consortial. Quelle est la tendance des adhésions au consorzio ? Y a-t-il un turnover ?
Étant désormais l'expression de plus de 90 % de la production de l'Alto Adige, il est difficile d'envisager une croissance supplémentaire du Consorzio. Le nombre de membres est désormais stable depuis quelque temps. Avec ma présidence, nous avons toutefois enregistré quelques retours importants, comme celui d'Alois Lageder.
Parlons du territoire et de la viticulture. Quelle est la composition du sol de l'Alto Adige ? Le climat ? Quelles sont les principales zones viticoles ?
En Alto Adige, les sols sont assez variés, tout comme les époques de formation. On va du terroir aride avec porphyre volcanique dans la zone entre Merano, Bolzano et Caldaro, à la roche contenant quartz et mica dans la Valle Isarco. Des roches calcaires et dolomitiques dans la Bassa Atesina aux marnes au sud de Cortaccia. En ce qui concerne le vignoble, en Alto Adige nous avons progressivement remplacé le système de conduite traditionnel en pergola par les plus modernes guyot ou cordon éperonné. En termes d'altitude, on va des 200 mètres au-dessus du niveau de la mer de la Bassa Atesina jusqu'à dépasser les 900 mètres dans la Valle Isarco ou dans la zone de Magré. Par ailleurs, l'Alto Adige bénéficie de conditions climatiques très favorables. Le climat est doux, de type alpin, avec plus de 300 jours de soleil par an. Les Alpes protègent la région des vents froids du nord, tandis que du sud arrivent les courants chauds de la Méditerranée et du Lac de Garde. Les forts écarts thermiques entre le jour et la nuit favorisent le développement des arômes dans les raisins, tandis qu'une température moyenne de 18° durant la période végétative et les précipitations fréquentes sont les autres facteurs essentiels pour des vendanges importantes et de qualité.

Quels sont les principaux vins produits ? Lesquels sont les plus appréciés par le marché ?
Il y a encore quelques décennies, plus de 60 % du vin haut-atessin était simple et produit avec des raisins Schiava. Au fil du temps, le panorama ampélographique a radicalement changé. Les rendements par hectare ont été fortement réduits et la Schiava progressivement remplacée dans les vignobles. Aujourd'hui, près de 60 % du vin est élaboré avec des raisins blancs comme le Pinot grigio, le Gewürztraminer, le Chardonnay et le Pinot bianco principalement. D'autres raisins blancs très importants sont le Sauvignon, le Müller-Thurgau, le Sylvaner, le Kerner, le Riesling et le Veltliner. Aromatiques, frais et minéraux en bouche, structurés en goût, les vins blancs de l'Alto Adige figurent parmi les meilleurs italiens et sont appréciés par le marché. La tendance est à une augmentation de leur production. Parmi les vins rouges, aux côtés des cépages autochtones Schiava et Lagrein, le Pinot nero, le Merlot, le Cabernet sauvignon et le Cabernet franc sont cultivés en Alto Adige depuis plus de 150 ans. Des cépages que nous pouvons aujourd'hui considérer comme autochtones à tous les effets. La production de vins effervescents obtenus par la Metodo Classico, principalement avec des raisins Chardonnay et Pinot Nero, est très importante.
Quel est le rôle du Consorzio ? Quelles sont les activités menées et les services offerts ?
La mission du Consorzio dei vini dell'Alto Adige est de valoriser la production viticole de la région. Être ensemble nous permet de faire masse critique, d'avoir un plus grand poids politique et d'améliorer les stratégies de promotion et de l'export. À l'étranger, par exemple, nous nous présentons souvent de manière unie. Mais le consorzio organise également des activités culturelles et de formation, avec des séminaires thématiques intéressants. Il joue aussi un rôle de conseil pour les questions juridiques liées à la viticulture. Enfin, par l'intermédiaire d'une propre association de conseil, le Consorzio est proche de ses membres pour les activités en vigne et en cave, y compris dans les choix de traitements dans une optique de réduction de l'impact environnemental.
Max Niedermayr me confie encore qu'il faudra probablement développer davantage également le marché intérieur. La réduction drastique des rendements a entraîné une hausse de la qualité mais aussi du prix moyen de la bouteille. Un prix souvent incompris par le consommateur italien.
Je le salue en le remerciant du temps qu'il m'a consacré et je passe à la dégustation des vins au stand du Consorzio. En gardant la nette impression que bien travailler ensemble permet d'atteindre des résultats remarquables. Et le Consorzio dei vini dell'Alto Adige représente désormais une réalité de premier plan dans le panorama viticole, non seulement national, avec de grandes perspectives de développement.





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