VINS ROUGES
  • 30 JANVIER 2017
  • 8 min
  • 240 lectures

Barolo Castellero Fratelli Barale : verticale 2011 - 1985

J'ai participé à la manifestation Life of Wine à Rome, où étaient en dégustation quelques vins d'importantes cantines du panorama œnologique national. La particularité de Life of Wine est que les entreprises participantes présentent au moins deux millésimes historiques...

Alessandro Genova

par Alessandro Genova
Dégustateur seulement pour 24h

Barolo Castellero Fratelli Barale : verticale 2011 - 1985

J'ai participé à la manifestation Life of Wine à Rome, où étaient en dégustation quelques vins d'importantes cantines du panorama œnologique national. La particularité de Life of Wine est que les entreprises participantes présentent au moins deux millésimes historiques du vin choisi, en plus de celui actuellement commercialisé.

Au cours de mes dégustations, je me suis attardé sur la verticale de Barolo Castellero de la maison Fratelli Barale, que j'ai eu le privilège de visiter au printemps 2015. Une cantina située au cœur même de Barolo, dans un palais du XIXe siècle dont l'entrée se trouve sous une voûte en arc. Dans les sous-sols se trouvent les locaux dédiés à la vinification et à l'affinage des vins, y compris les fûts historiques.

La Fratelli Barale fut fondée à Barolo en 1870 par Francesco Barale, propriétaire de vignobles dans certaines des zones les plus vocales de la commune ainsi que sur la colline de la Bussia à Monforte d'Alba. À l'époque, le Barolo moderne venait d'être créé grâce à la Marchesa Colbert Falletti et à Camillo Benso avec le soutien de l'œnologue Louis Oudart, comme je l'ai relaté après la visite de la Marchesi di Barolo qui remonte à ces mêmes jours d'il y a presque deux ans. Mais des traces de la famille Barale existent depuis 1600, comme en témoignent d'anciens registres paroissiaux. À cette époque, la famille Barale possédait déjà à Barolo des vignobles dans les zones de Castellero, Cannubi, Preda et Costa di Rose. Plus récemment, la Fratelli Barale fut parmi les premières à vinifier le Nebbiolo pur issu de vignes individuelles. Aujourd'hui, ce sont Sergio Barale et ses filles Gloria et Eleonora qui dirigent l'entreprise. C'est précisément Eleonora qui m'a accueilli à la cantina lors de mon voyage dans les Langhe.

L'entreprise s'étend sur une surface viticole de 20 hectares cultivés en agriculture biologique : la fertilisation au fumier, le désherbage manuel, l'installation de nichoirs pour les oiseaux insectivores font partie des bonnes pratiques mises en œuvre pour protéger la végétation et la faune indigènes, et conserver le sol en harmonie avec la nature. Sept hectares sont conduits en Nebbiolo da Barolo : quatre exposés au sud-ouest pour le Castellero, vignoble d'au moins 35 ans qui donne naissance au vin dont nous allons parler ; un hectare chacun pour les crus Preda, Costa di Rose et Bussia qui représentent encore, comme il y a plus d'un siècle, le cœur du domaine. À ceux-ci s'ajoute une parcelle de Nebbiolo da Barbaresco à Serraboella (dans la commune de Neive).

Le Castellero est produit sur des terres à prédominance argileuse à partir de vieilles vignes. Sont également utilisés les clones de Nebbiolo moins productifs comme le Michet et le Rosè, ainsi que le Lampia. La vigne, conduite en Guyot avec un écartement de 3 500 pieds par hectare, fait l'objet de constantes activités de taille en vert et d'éclaircissage des grappes, réalisés à la main. En cave, les processus de vinification et d'affinage des Barolo Castellero – comme des autres Barolo de la maison – maintiennent une approche traditionnelle. Le vin fermente dans des cuves tronconiques en bois, en utilisant des levures indigènes sélectionnées dans le vignoble Castellero. Il est ensuite soumis à une macération supplémentaire d'environ un mois avec des remontages fréquents. Il affine ensuite pendant trois ans dans des fûts de chêne français de 15 à 30 hectolitres dans les caves souterraines, où la température se maintient constamment fraîche, et en bouteille pendant au moins un an.

Passons à la verticale

Barolo Castellero 2011

Commençons par le millésime 2011, année chaude et précoce qui a provoqué une avance significative dans le développement végétatif printanier. Après la chaleur estivale, les pluies favorables de septembre ont favorisé l'achèvement de la maturation du Nebbiolo, cépage tardif, améliorant l'acidité et les arômes.

Le 2011 se présente avec des teintes rubis transparentes, dessinant un tableau d'une raffinée élégance. La correspondance olfactive est ponctuelle, avec un nez fruité de prune, confiture de cerise et orange sanguine, puis violette et pivoine. Des notes de réglisse et de gentiane, thym, bergamote et balsamiques en finale viennent ensuite. L'année chaude se manifeste davantage en bouche, avec un corps velouté, un tanin concentré en milieu de bouche, même si bien lissé. L'acidité est néanmoins très bien présente. Presque en équilibre mais encore en tension, compte tenu de l'extrême jeunesse et de la grande perspective évolutive qui s'offre à lui.

Barolo Castellero Riserva 2007

L'année 2007 a connu une évolution climatique anormale avec un débourrement très précoce dû à un hiver particulièrement doux. Au contraire, en août, des températures inférieures à la moyenne ont été enregistrées, réduisant l'avance de la maturation du raisin, par ailleurs excellente d'un point de vue qualitatif.

Couleur grenat avec des reflets rubis. Nez particulièrement fin, avec des senteurs de cerise en confiture et de mûre en évidence, puis violette, clous de girofle, torréfaction de café avec une finale mentholée. Bouche large, avec l'alcool et la rondeur pour équilibrer un tanin important et mûr. Un vin d'une grande gourmandise déjà parfaitement agréable à boire.

Barolo Castellero Riserva 2003

L'année 2003 s'est caractérisée par la stabilité d'un climat ensoleillé et par la quasi-absence de pluie. Un concours de facteurs qui a élevé les températures moyennes jusqu'aux records historiques pour la zone, les maintenant pendant une très longue période. Grande la teneur en sucre des raisins à la vendange, les acidités étant justes.

De couleur grenat profond, évolué. Nez encore fruité : confiture de fruits des bois, de cerises, puis épices douces, poudre de cacao et réglisse pour une finale encore fruitée. Bouche importante, plus dynamique que prévu, avec un tanin présent et une acidité surprenante pour un millésime aussi chaud. Savoureuse la finale minérale.

Barolo Castellero Riserva 1997

L'année, commencée sous le signe du froid et des chutes de neige, a enregistré de fin janvier jusqu'en mai une longue période de climat sec avec des températures supérieures à la moyenne. Après l'été, septembre a été chaud, avec de faibles précipitations mais bien ventilé. L'évolution de l'ensemble de l'année a favorisé une accumulation notable de sucres dans les raisins. Vendange précoce.

Grenat transparent, au nez nous percevons des sensations tertiaires d'une grande finesse. Notes de fruits mûrs et en confiture, comme la prune, la mûre mais aussi des notes balsamiques, intenses et amples. Puis sous-bois, nuances d'épices et de rose fanée dans un tableau d'une grande complexité. Bouche en parfait équilibre, où les tanins soyeux et la fraîcheur équilibrent la belle rondeur. Le Castellero 1997 représente l'emblème du Barolo tout juste entré dans une probable longue maturité qui se distingue par sa mesure et son élégance. Où chaque élément, sans jamais prévaloir sur les autres, contribue à un tableau harmonieux.

Barolo Castellero Riserva 1985

Millésime exceptionnel malgré des conditions climatiques particulières. Après un hiver très froid, on a assisté à une reprise progressive dans les phases végétatives, avec une distribution équilibrée des pluies. La fraîcheur générale du millésime s'est transmise au vin, lui permettant de traverser si bien le temps.

Le vin présente une couleur brique avec de larges lisérés orangés, une belle limpidité et une transparence lumineuse. Structure olfactive ample et articulée. Attaque marquée par des notes évoluées de tabac et de cuir, suivies de senteurs torréfiées et de gentiane sur un fond légèrement terreux. Puis des souvenirs fruités, cerise à l'eau-de-vie, orange amère. Finale balsamique. En bouche, il frappe par la majestueuse fraîcheur parfaitement intégrée au tanin et en équilibre avec l'alcool et la rondeur. La minéralité caractérise la longue persistance gustative et olfactive. Je me demande combien de temps encore ce magnifique millésime pourra nous procurer ces émotions.

Des émotions qui n'ont pas manqué en dégustant les différents millésimes de ce merveilleux cru de Barolo, magistralement interprété par l'historique Fratelli Barale. Démontrant ainsi comment le respect du territoire et la tradition représentent le mariage gagnant.

Ajoutez Wine at Wine à vos sources de confiance pour ne rien manquer.

Ajouter sur Google
Partager:

Notez cet article

5/5 (46 votes)

Qu'en penses-tu ?

Connectez-vous pour commenter

COMINCIAMO UNA CONVERSAZIONE!

Hai una cantina, un wine bar, un'enoteca, organizzi eventi o lavori nel mondo del vino? Oppure sei un appassionato con una storia da raccontare? Contattaci e scopriamo come creare valore insieme.

Contattaci